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« Nous aidons les enfants à surmonter les changements »

Ein Mädchen mit einem Zopf ist von hinten zu sehen, sie malt mit einem Pinsel ein Bild auf eine Leinwand. Im Hintergrund sind Büsche zu sehen.
Ein Mädchen mit einem Zopf ist von hinten zu sehen, sie malt mit einem Pinsel ein Bild auf eine Leinwand. Im Hintergrund sind Büsche zu sehen.

« Nous aidons les enfants à surmonter les changements »

Monsieur Islami, quels problèmes la migration peut-elle entraîner pour les familles et plus particulièrement pour les enfants ?

La migration est un processus difficile pour l’ensemble des membres de la famille. De nombreuses personnes qui optent pour la migration veulent trouver une meilleure vie. Mais les souhaits et attentes quant à la manière dont la vie est censée changer grâce à la migration ne sont pas toujours comblés. Passer par le processus de migration, mais ne pas atteindre une meilleure qualité de vie et devoir retourner dans son pays d’origine, tout cela peut affecter fortement les personnes au niveau psychique. Dans ce cas, on observe souvent la propagation d’un sentiment d’échec au sein des familles. Cela provoque alors des conflits entre les membres de la famille, surtout lorsque l’argent économisé a été utilisé pour encadrer la migration.

Comment est-ce vécu par les jeunes, garçons et filles ?

Le mot qui joue un rôle clé dans la migration, c’est « changement ». Les enfants, en particulier, doivent faire face à des changements difficiles : changer d’école, nouer de nouvelles amitiés, apprendre une nouvelle langue et trouver sa place dans un nouvel environnement, une nouvelle culture. Les difficultés financières et l’insatisfaction de la famille affectent aussi largement les plus jeunes de ses membres.

Quelles aides sont particulièrement importantes pour les enfants lorsque les familles décident de retourner dans leur pays d’origine ?

Les besoins des enfants varient et dépendent également du temps qu'ils ont passé à l'étranger. Lorsque des enfants ont passé la majeure partie de leur vie dans un autre pays, il est plus difficile pour eux de s’adapter au pays d’origine. Il est donc essentiel d’aider les enfants pour qu’ils surmontent les changements et s’habituent à leur nouvel environnement après leur retour : ils doivent d’adapter au nouveau système scolaire ou apprendre l’albanais. Pour nouer de nouvelles amitiés, ils doivent rencontrer d’autres enfants revenus au pays, mais côtoyer aussi la population locale dans leur classe d'âge. Aider les enfants à trouver leur place dans leur pays d’origine contribue également à leur bien-être psychique.

À quoi les conseillères et conseillers doivent-ils·et elles être attentif·ves en ce qui concerne les enfants ?

Avec les enfants, il est important de détecter tous types de souffrances psychiques, traumatismes, dépressions, peurs, signes de maltraitance ou tout comportement suspect. L’objectif est que l’enfant concerné reçoive aussi vite que possible une aide adaptée de la part de spécialistes. Il est  également important de vérifier s’il a besoin de vêtements, de fournitures scolaires ou d’aide supplémentaire pour l’école. De manière globale, l’essentiel est de favoriser le développement des enfants dans leur pays d’origine ainsi qu’une réintégration durable.

Quelles constellations familiales avez-vous rencontrées au cours de vos accompagnements ?

D’après notre expérience, les familles quittent généralement le pays ensemble. Parfois, le père part seul et la mère reste dans le pays d’origine avec les enfants. Dans quelques cas, ce sont aussi les enfants, surtout les jeunes hommes, qui quittent le pays dès qu’ils sont en âge de travailler. Ils quittent alors leurs parents ainsi que leurs frères et sœurs. Pour le groupe cité en premier, c'est généralement toute la famille qui revient ensemble, mais parfois cela concerne uniquement  la mère et les enfants. Cela signifie que la mère est la seule personne de référence après le retour et que le père subvient aux besoins de la famille à distance. Selon la durée de l’absence du père, il peut devenir pesant pour les enfants de ne pas avoir de figure paternelle qu'ils puissent voir régulièrement. Et les mères ont la contrainte de devoir s’occuper seules de leurs enfants.

Comment le DIMAK soutient-il les familles et les enfants au Kosovo ?

En tant que DIMAK, nous soutenons les familles et les enfants – aussi bien celles qui reviennent que celles issues de la population locale – grâce à des informations et conseils dans trois domaines. Tout d’abord, le soutien psychosocial : les personnes revenues au pays sont surtout prises en charge par le biais d’accompagnements psychologiques individuels et familiaux. Nous mettons les personnes concernées en contact avec des spécialistes aux compétences adéquates. Le soutien psychosocial peut être utilisé aussi bien pour prévenir que pour guérir. Il est préventif lorsqu’il réduit le risque de développer des problèmes de santé mentale. Il est curatif lorsqu’il s’agit de personnes qui ont déjà des problèmes psychosociaux et qui se sentent en détresse.

Et quels sont les autres domaines couverts par le soutien ?

La réintégration et l’emploi. Le DIMAK propose un accompagnement aux familles et aux individus qui reviennent au pays. Nous les aidons pendant leur retour et après leur arrivée au Kosovo. Nous leur fournissons des contacts pour la recherche d’un logement et pour des cours de formation. En outre, nous leur donnons des informations sur les questions juridiques et de santé. De plus, nous aidons les personnes rapatriées et les membres de la population locale à prendre des décisions réalistes concernant leur formation et leur emploi, afin qu’elles puissent trouver des opportunités de carrière adaptées. Nous aidons les gens à rédiger des CV, à suivre des procédures de candidatures et à trouver des cours de formation. C’est souvent très important pour les jeunes aussi, afin qu’ils et elles puissent envisager des débouchés.


Version : 03/2022

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